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POLITESSE CHINOISE
Les éditeurs chinois, tout comme les éditeurs français, reçoivent un nombre considérable de manuscrits. Mais, pour refuser ceux qui ne sont pas à leur convenance, ils emploient d'amusantes circonlocutions. Voyez plutôt cette lettre adressée par le directeur de la revue Tain Koo à un auteur inconnu :
"Très noble frère du Soleil et de la Lune, Je m'incline profondément devant-vous, je baise la terre devant vos pieds et je sollicite la permission de vivre et de parler." "Votre précieux manuscrit a inondé de splendeur nos yeux et notre esprit. Nous l'avons lu avec enthousiasme. Il ne nous est jamais arrivé d'examiner un travail comparable au vôtre par l'exactitude de vue, l'étendue et la profondeur des connaissances. Si nous le publiions, notre directeur se verrait dans l'obligation de le considérer comme le modèle du genre et de ne jamais donner à ses lecteurs d'autres œuvres qui soient inférieures à la vôtre. C'est pourquoi, tremblant d'émotion, nous vous restituons votre manuscrit au nom de toute la rédaction qui se proclame votre éternelle esclave! .. "
Cette lettre a dû causer, certes, un vif plaisir à son destinataire. Mais peut-être eût-il préféré une modeste insertion.
L'Avenir.
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