A LONDRES LES RÉPERCUSSIONS DE L'ACCORD MINIER  Les propriétaires de mines sont loin d'être satisfaits.
LONDRES, 1er août. Les journaux continuent à faire des pronostics sur ce que l'accord intervenu entre patrons et ouvriers mineurs coûtera au pays. Les plus modérés admettent que l'aide promise par le gouvernement pour soutenir l'industrie du charbon ne sera pas inférieure à 10 millions de livres, ce qui signifie une augmentation de quatre pence par livre sterling d'impôts payés par les contribuables. Bien que le public soit en général satisfait de voir la menace de grève écartée, de nombreuses personnalités politiques se plaignent que le premier ministre ait capitulé trois heures après avoir fait annoncer dans un communiqué officiel que le gouvernement n'accorderait aucun subside à l'industrie minière. Il est à prévoir que M. Baldwin va recevoir des reproches même de la part de plusieurs conservateurs. Les propriétaires de mines eux-mêmes font entendre des récriminations. Le directeur de l'association minière du sud du Pays de Galles a déclaré notamment : « La décision prise par le gouvernement conservateur constitue un véritable désastre. Le remède est pire que le mal; nous n'avons reculé que pour mieux sauter. »
M. Cook demande la nationalisation des mines Quant à M. Cook, secrétaire général de la Fédération des mineurs, il a déclaré que l'accord intervenu ne constituait qu'un armistice. Il a en outre lancé un manifeste dans lequel il assure que, quand les deux parties seront citées devant la commission royale d'enquête, «on se rendra bien vite compte que les difficultés restent les mêmes ». Selon M. Cook, seule, une réorganisation complète de l'industrie minière comportant notamment l'élimination du capital privé, pourra conduire au rétablissement de l'équilibre industriel.
D'autre part, M. Lloyd George a déclaré: «Mineurs, propriétaires de mines, membres de la Chambre des communes et public sont d'accord sur un seul point: le gouvernement n'a pas été à la hauteur de la situation.»
|