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L'Ouest-Éclair - 05 juillet 1925

LOuest Éclair 1925 07 05 Page 04LES ELECTIONS CANTONALESLOuest Éclair 1925 07 05 Monsieur Dior se présente aux élections cantonales

M. Dior candidat au Conseil général de la Manche

M. Riotteau, sénateur, adresse aux électeurs du canton de Granville la lettre suivante :

Mes chers concitoyens,
Voilà bientôt cinquante ans que j'ai l'honneur de vous représenter dans les Assemblées, et particulièrement au Conseil général. J'ai conscience, pendant ce demi-siècle, d'avoir loyalement, et dans toute la mesure de mes forces, défendu les intérêts que vous m'aviez confiés.

J'ai aujourd'hui 88 ans, et, pour continuer à les remplir fidèlement, je crois utile de me consacrer uniquement à mon mandat de sénateur, et à mes fonctions de président de la Société de Demi-Sang, et de membre de la Commission de répartition des fonds du pari mutuel, aussi je suis décidé à ne pas solliciter de votre confiance le renouvellement de mon mandat au Conseil général de la Manche.

C'est à notre député, mon ami M. Lucien Dior, que j'ai cru devoir faire d'abord connaître ma décision, en lui représentant qu'il était utile pour l'intérêt général que le mandat de Conseiller général soit confié à un parlementaire.

Je voterai pour M. Lucien Dior.

J'espère que vous voudrez bien lui donner votre suffrage, comme je lui donnerai le mien; vous me donnerez ainsi une nouvelle preuve de votre confiance.

Je tiens à vous remercier de toute la sympathie que vous m'avez témoignée pendant les longues années où j'ai eu l'honneur de représenter le canton de Granville au Conseil général, et je vous prie de croire, mes chers compatriotes, à mes sentiments de reconnaissante affection.

Emile RIOTTEAU, sénateur.

M. Dior adresse aux électeurs la circulaire suivante :

Mes chers Concitoyens,

Vous verrez par la lettre que vous adresse sous le même pli notre vénéré conseiller général, M. Riotteau, la décision qu'il a prise de ne pas vous demander le renouvellement de son mandat de conseiller général.

Lorsque M. Riotteau m'a fait part de sa décision, avant la dernière session du Conseil général, j'ai cru interpréter le sentiment de tous nos compatriotes, en lui lui demandant de nous garder encore son précieux concours, et en lui réprésentant combien était grande auprès de l'assemblée départementale l'autorité qui s'attache à ses avis, pour le plus grand bien des intérêts du canton de Granville qu'il a si bien défendus depuis 50 ans.

Les élections au Conseil général approchent et notre vénéré sénateur maintient sa décision. Il ne me reste donc qu'à déférer à son désir, comme je l'ai fait il y a bientôt 20 ans, lorsqu'à la suite de son élection au Sénat, je me suis présenté à vos suffrages pour occuper son siège devenu vacant à la Chambre des Députés.

Est-il utile de vous dire mes opinions politiques? Vous les connaissez ce sont celles d'un républicain, d'un patriote épris de liberté, d'égalité et de fraternité, d'un homme d'ordre éloigné de tout sectarisme des partis extrêmes elles n'ont jamais varié, et vous les avez encore approuvées par une énormemajorité aux récentes élections générales de 1924.

Ministre du Commerce et de l'Industrie dans le cabinet Briand, et dans le premier cabinet Poincaré, de janvier 1921 à mars 1924, j'ai eu à m'occuper dans les conseils du Gouvernement des questions d'ordre économique qui rentrent surtout dans la compétence des Conseils généraux si vous me faites l'honneur de me désigner comme le successeur de mon ami, M. Riotteau, je n'ai pas besoin de vous dire que vous pouvez compter sur toute mon activité et tout mon dévouement.

Permettez-moi d'indiquer cependant comme particulièrement urgentes la réalisation dans notre département de l'application des lois destinées à favoriser la construction des habitations à bon marché, pour remédier à la crise des loyers, dont M. Riotteau, a justement entretenu le Conseil général lors de sa dernière session, comme suite à une étude que nous avions faite en commun, la question des chemins et des routes qui nécessite un effort immédiat et sérieux, le développement de la distribution d'électricité qui rendra la vie plus agréable dans nos campagnes, l'amélioration de nos relations téléphoniques, télégraphiques et postales. Enfin les importantes questions d'assistance et assurances sociales que mes fonctions de président de la Société de Secours Mutuels et de pensions de retraite de Granville m'ont amené à étudier tout particulièrement dans la pratique de chaque jour.

J'ai eu l'honneur de faire partie de notre Chambre de Commerce, et, en accord avec elle, je défendrai auprès de l'assemblée départementale tout ce qui pourra contribuer au développement de notre port, et à l'amélioration de nos services de chemins de fer, à voie normale et à voie étroite.

Je n'oublierai pas non plus notre agriculture et notre élevage, auxquels me rattachent à la fois mes travaux scientifiques et mes travaux industriels président d'honneur du Comice agricole du canton de Granville, j'en suis tous les les progrès, et je m'efforce d'en stimuler le développement et la prospérité.

Je vous prie, mes chers Concitoyens, de croire à l'expression de mon affectueux dévouement.

Vive le canton de Granville !
Vive la République !

Lucien DIOR, député.

Retour 24 mai 1925