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Moscou et les Incidents chinois
Les troubles de Shanghai se prolongent et se développent, en dépit des forces navales que les grandes nations ont envoyé s'embosser dans le fleuve pour défendre leurs nationaux. Ces mêmes puissances viennent de faire parvenir au gouvernement chinois une note Cominatoire lui rappelant qu'une lourde responsabilité lui incombe en ce qui concerne le maintien de l'ordre à Shanghai, à Pékin et dans toute la Chine. C'est facile à dire, mais quelle est au juste la puissance du gouvernement chinois dans un pays presque totalement encore un état de révolution? Il semble que cette note ait exaspéré davantage les insurgés chinois. A l'issue d'un meeting auquel participai à Shanghai 25.000 étudiants et ouvriers, ceux-ci ont demandé impérieusement l'interruption des relations économiques avec la Grande-Bretagne et le Japon, menaçant le gouvernement d'une grève générale si ces relations n'étaient pas suspendues dans un délai de quinze jours. Naturellement, les Soviets se tiennent en rapport direct avec les révolutionnaires chinois. Une dépêche de Moscou nous annonce en effet, que le Conseil central des républiques soviétiques a transmis par télégramme à Pékin 50.000 roubles pour venir en aide aux grévistes chinois et au secours des familles des étudiants qui ont été tués au cours des dernières bagarres. Il est curieux de remarquer que c'est d'abord contre l'Angleterre, qui a été la première à renouer des relations avec les Soviets, puis contre le Japon qui a un traité d'alliance avec Moscou, que se retournent les premières violences des révolutionnaires chinois, manoeuvrés, on le sait, par les Soviets. Quand donc les grandes puissances, comprendront-elles, que la solution des conflits qui éclatent en Chine, au Maroc, en Egypte, aux Indes et un peu partout dans le monde, réside à Moscou. C'est là et non ailleurs, C'est là qu'elles doivent agir et au besoin frapper s'il le faut.
M. PIRNY
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