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La Presse - 26 février 1925


  la délinquance en banlieu

LA BANLIEUE EN PROIE AUX MALFAITEURS

Il en sera ainsi tant que le nombre des Policiers n'aura pas été augmenté

Les agressions et les cambriolages se multiplient en banlieue. Pas un jour ne se passe sans que la police ne soit alertée par quelque méfait. C'est tout particulièrement la région de Seine-et-Oise qui semble l'objectif des malfaiteurs de tout acabit, qui y opèrent avec une maestria inquiétante. Les tragiques exploits de la bande des Polonais à Versailles et dans les environs ont porté l'émotion des habitants à son comble.
Depuis plusieurs mois, la première brigade de police mobile est fixée à Versailles. On a cru qu'en lui donnant cette affectation, cette brigade rendrait de plus grands services et se trouverait à même de suivre de plus près les affaires de son ressort. Ces messieurs de la pègre ne semblent pas s'être inquiétés de ces considérations, et ils se livrent à leurs opérations avec la même activité qu'au temps où les inspecteurs de M. Colin avaient leurs bureaux rue de Grammont, à Paris.
Les malfaiteurs semblent fort bien renseignés sur la faiblesse des effectifs policiers en banlieue, et ils en profitent pour mettre les localités en coupe réglée.

Nous ne voudrions pas semer la panique parmi les paisibles banlieusards, mais il importe, croyons-nous, qu'ils réclament d'urgence à leurs municipalités une meilleure surveillance de leurs personnes et de leurs biens.
Sait-on qu'il y a déjà des localités. Aulnay. par exemple, qui compte plus de 20.000 habitants, où il y a tout juste trois gendarmes et un brigadier pour assurer la sécurité des routes? N'est-ce pas inimaginable!

L'opinion d'un commissaire

Un commissaire de police de banlieue que nous interviewons à ce sujet, nous a déclaré :
Notre système policier de banlieue est complètement à refondre. Il date de trente ans. On ne tient pas compte de l'augmentation formidable des agglomérations de banlieue au cours de ces dernières années. Telle commune de 3.000 âmes, il y a quinze ans, en compte aujourd'hui 15.000. Le nombre des agents et gendarmes, lui, n'a pas augmenté. C'est paradoxal, mais c'est ainsi !
Il y a bien une loi récente qui oblige les communes dont la population est supérieure à 5000 habitants à établir un commissariat de police, mais on a omis d'indiquer le nombre d'agents dont devrait disposer ce fonctionnaire, et, dans bien des endroits, il y a des commissaires de police qui sont seuls, oui, sans un agent... C'est dire que la loi est inopérante.

A Enghien, à Corbeil, à Pontoise, à Villeneuve-Saint-Georges, à Aulnay, à Neuilly-Plaisance, à Méry-sur-Oise, etc., les cambriolages se multiplient; les gendarmes et les commissaires de police s'agitent, débordés, impuissants à prendre l'offensive contre l'armée du crime.

Comment s'étonner après cela de d'audace d'une bande comme celle des Polonais?

PIERRE DEMOURS.


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