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L'Oeuvre - 08 févvrier 1925


Le préfet de police exige la propreté du métro

M. Morain, préfet de police, vient de signifier au Métro et au Nord-Sud qu’il désire beaucoup les voir désormais moins malpropres.
Nous ne nous étions pas encore aperçus de notre crasse, répondirent ces administrations. Mais, pour vous faire plaisir, nous allons nous nettoyer un peu.
Alfred Morain préfet de police

L'une a tout aussitôt décidé son personnel à balayer l'accès des stations; l'autre parle de créer des équipes volantes de nettoyeurs souterrains. Et l'on va voir bientôt fonctionner le balai et l'arrosoir.
Mais, comme personne n'a donné d'ordres pour purifier aussi l'atmosphère, six millions de Parisiens, de banlieusards et d'étrangers continueront à absorber tout au long du jour un air si vicié qu'un cobaye mourrait d'un seul centigramme inoculé sous sa peau. On imagine mal, en effet, quelle colonie bacillaire vit en liberté dans les sombres tunnels et de combien de déchets organiques se compose l'haleine des deux réseaux souterrains. Débris d'acier acéré qui déchirent les poumons, pellicules humaines, déchets d'ongles, de cuir, de laine ou de coton, poils, crachats, sueurs, parfums, senteurs et suints d'une innombrable foule, qui va, vient, sème ses puces, amène sa boue, parle, mouche, éternue; il y a de tout, et plus encore, dont rien de sain, là-dessous!

Les deux administrations le savent bien. Mais elles n'aiment pas qu'on en parle. Car elles préfèrent admettre que pour nettoyer leur sombre domaine auprès duquel les écuries d'Augias  n'étaient que lys et roses, il suffit d'une arroseuse à l'eau de chaux passant tous les quatre jours sur les rails et du petit époussetoir des femmes de service, aux stations. Jamais elles ne se sont demandé si des aspirateurs électriques de poussières permettraient de rendre les couloirs aussi propres que sont ceux du « tub » à Londres et si des aérateurs modernes ne pourraient pas être installés où il en faut.
Alfred Morain préfet de police 02

Construits d'une façon étriquée, ne convenant déjà plus au trafic actuel, par des ingénieurs trop timides, les réseaux, et le Métro surtout, utilisent un matériel roulant à peine suffisant sur les lignes centrales et bon à mettre à la ferraille sur les lignes excentriques. Et rien n'a été sérieusement fait jusqu'ici pour donner aux voyageurs et au personnel un air chimiquement respirable.
Quand M. Morain verra moins sales les accès des stations, qu'il descende les marches: il y a beaucoup à faire aussi dans le fond.


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