L'ŒUVRE militaire
Si on ne peut soigner les malades dans les hôpitaux militaires qu'on supprime les hôpitaux militaires
Nous recevons la lettre suivante : J'avais un fils qui accomplissait son service militaire au 1er groupe cycliste du Trou d'Enfer. Il obtint une permission de 24 heures le 28 décembre 1924, permission qu'il passa près de moi. Le lundi matin 29 décembre, à son retour à la caserne, se trouvant légèrement souffrant, il se fait porter malade et entre à l'infirmerie de son régiment. Le mardi 30, il est dirigé d'urgence sur l'hôpital militaire, où il entre comme fiévreux. Du mardi matin au mercredi matin, heure de la visite, il reste sans aucun soin. il n'y a donc pas de médecin de service. dans cet hôpital pour visiter les malades à leur arrivée ? D'autre part, c'est seulement le vendredi matin 2 janvier que la poste m'apporte une simple lettre d'une infirmière, dans laquelle celle-ci m'informait sans plus que mon fils avait été admis à l'hôpital Dominique-Larrey comme fiévreux. Il y était seulement ajouté que les visites avaient lieu le jeudi et le dimanche. D'ailleurs, cette seule pièce à conviction m'a été retirée par celle qui me l'avait écrite. A tout hasard, ses sœurs vont, au reçu de cette lettre, prendre de ses nouvelles. Elles le trouvent dans un état inquiétant. Le soir, à 11 heures, il rend le dernier soupir. Une mère qui pleure son fils. Est-il donc vrai qu'un homme peut entrer à l'hôpital et y rester vingt-quatre heures sans qu'on l'examine ? Est-il donc vrai que son état peut devenir alarmant sans que la famille soit prévenue autrement que par un avis d'entrée, non officiel d'ailleurs ? Ou bien cette mère a-t-elle été mal renseignée et son enfant n'a-t-il pas été négligé de la sorte ? J'ai déjà dit ici la triste réputation qu'avait jadis l'hôpital militaire de Versailles. J'espérais que des améliorations y avaient été apportées. Je l'espère encore et veux bien croire que la pauvre femme a été égarée par sa douleur. Mais de cela il faut qu'on s'assure. Et nous pensons qu'une enquête sera ordonnée à la suite de laquelle, les négligences commises s'il y a lieu, seront réprimées et surtout rendues impossibles à l'avenir. Nous tenons le nom du pauvre petit soldat à la disposition du ministre de la guerre.
G. V.
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